1. L'alchimiste : transformer les données dormantes en décisions
Les informations d'une entreprise dorment partout : vidéos, conversations, e-mails, SharePoint, Google Drive. L'alchimiste les croise pour faire apparaître des anomalies et des liens qu'aucun rapport ne montre. Cela suppose ce que Mustapha Benkalfate appelle « l'économie circulaire de l'intelligence interne » : enregistrer systématiquement les réunions, avec l'accord des participants, conserver les transcriptions, les ranger et les nommer correctement pour qu'elles puissent nourrir les décisions.
2. Le jumeau numérique : s'adapter à son interlocuteur
Avant une négociation, analyser les échanges passés avec un interlocuteur et son profil professionnel public permet de mieux adapter le ton et les arguments. L'IA excelle dans l'analyse de sentiment. Mustapha Benkalfate l'utilise pour gérer des différences culturelles entre les 17 pays où il travaille, et reprend les mots mêmes de ses interlocuteurs dans ses propositions : « Il est très difficile de dire non à sa propre demande. »
Précaution : analyser des personnes à partir de leurs données relève du traitement de données personnelles. Cet usage suppose de respecter le RGPD et la politique de l'entreprise, de s'en tenir à des informations professionnelles et de ne jamais le confier à un outil non autorisé.
3. L'avocat du diable : challenger ses propres décisions
L'IA peut contester une décision avant qu'elle soit prise, à condition d'être bien cadrée avec SCOPE©. Elle peut aussi révéler les décisions inconscientes : convoquer quelqu'un dans son bureau plutôt que le rejoindre, par exemple, oriente déjà l'échange. Le dirigeant y gagne un contradicteur disponible, qui ne craint pas de déplaire.
4. Le directeur artistique : garder une cohérence visuelle
À partir de captures de sites ou de présentations que l'on apprécie, l'IA peut formuler une direction artistique, puis l'adapter aux couleurs et aux polices de l'entreprise tirées de ses documents internes. L'usage vaut pour une page web, un support de conférence ou un document de comité. La méthode SEAT© permet de retrouver le prompt d'un visuel réussi pour le décliner.
5. Le coach sous pression : décider vite sans décider seul
Un assistant interne, un GPT d'entreprise ou un agent Microsoft Copilot, reçoit un fichier de contexte sur la mission, les priorités et la personnalité du dirigeant. Avant une décision urgente, il pose les bonnes questions selon la méthode SONDE©, au lieu de fournir une réponse toute faite.
Ce que ces usages ne font pas
Aucun de ces rôles ne décide à la place du dirigeant. Mustapha Benkalfate le rappelle à chaque session : si une IA décide, « ça sonne bien, ça a l'air intelligent, mais le plus souvent, c'est l'effet bambou : solide à l'extérieur, vide à l'intérieur ». Il invite aussi chaque dirigeant à se former lui-même, parce qu'on ne pilote pas une transformation dont on ne comprend pas l'outil.
